Catégorie : √ THEORIE MUSICALE, HISTOIRE & TECHNIQUE (page 3 of 4)

Ethno-musicographie en Pologne

Cold War est un film polonais en noir et blanc de Pawel Pawlikowski de 2018 (prix de la mise en scène, Festival de Cannes). Outre l’histoire d’un amour tragique à l’époque de la guerre froide (Pologne 1949), c’est un beau parcours musical que l’on découvre.
Au générique les protagonistes sillonnent la campagne polonaise en collectant des musiques, chants et danses folkloriques. 4 mn de prises directes de sons auprès de ce qui semble être d’authentiques musiciens populaires. Témoignages émouvants.
Voir la page sur Arte TV.
Lire le site officiel Diaphana.
Ces collectages ne sont pas sans rappeler ceux de Nicolas Bouvier et de son compagnon graveur Thierry Vernet dans leur périple de juin 1953 à décembre 54 de Suisse à l’Afghanistan, équipés de leur matériel d’enregistrement (L’Usage du Monde, 1963.) Beaucoup de descriptions de scènes y font penser.

On découvre une duda* (cornemuse typique de Pologne avec le soufflet sous le bras droit) et un accordéon-piano à pédales qui est un ancêtre de l’harmonium (dont « les soufflets sont maniés par des pédales et un mécanisme de chaîne » cf. wiki physharmonica. ici à droite). Il y a également un violon et un tambourin accompagné d’un harmonica.

Photogramme du film Cold War sur Arte

 

*duda: consulter les sites musicologie.org et  The Universe of Bagpipes.


 


 

La Discrète (Mazurka)

La Discrète, de Stéphane Delicq, est le titre d’un de ses albums de 2001 – il y a exactement 20 ans – auquel on peut attribuer les qualificatifs tout à la fois d’élégance, désinvolture, contemplativité, comme il se dit sur internet. Ce titre correspond bien à une musique qu’on pourrait nommer de l’intime et de l’évasion.

« La musique de Stéphane DELICQ exalte à elle seule tout ce qu’un air à danser peut exprimer, réunir. Elle invite à s’évader du réel, à laisser la mélodie et son mouvement construire un « ailleurs », que chacun feuillette comme il l’entend. » Février 2010
Pierre Corbefin, directeur du Conservatoire Occitan, Toulouse (source: blog accordéon-nous).

La Discrète, de l’album éponyme, est une de ses mazurkas éternelles dont il avait le secret. Secret d’une grande connaissance de la musique classique, que des mesures rappellent parfois, comme les quelques notes finales en écho peut-être au passage très luisant… de la première Gnossienne d’Erik Satie... (cf. en bas de l’article).

La Discrète, enregistrement de Stéphane Delicq (et partition).


Erik Satie, Gnossienne n°1, par Alexandre Tharaud (et partition)

 

 

Valse d’A Stacada d’Brelh (Valse)

A Stacada d’Brelh ou L’Estacada de Brei (L’attaché de Brelh) est un « jeu » dansé dans le comté de Nice lors de la reconstitution folklorique tous les 4 ans de la révolte des gens de Brelh-de-Ròia (Alpes-Maritimes) au XVIIe s. contre les abus de pouvoir du bailli du lieu. (Cf. le site Musique traditionnelle du comté niçois.) A Stacada compose un ensemble de musiques et danses parmi lesquelles des valses. La valse connue et graphiée indifféremment « La Stacatta di brelh », « stacada », « di brei », « de brelh », serait la valse du Couré ou la valse de la Première Abesse (dont aucune partition ne figure sur l’internet).

Le nom de cette valse échappant à la recherche, c’est seulement dans le n°21 de « Paroles d’Anches » (sur le site CADB) que l’on peut enfin trouver la tablature transcrite par A-M Moyon (page 4). C’est l’air le plus célèbre.

Ci-dessous, une interprétation qui atteint des… sommets avec le fifre traditionnel  (!) et revivifie cette valse endormie. Monte Scaletta (2840 m, valle Maira), 2015. Notons que le fifre n’est pas le clarin !

PS : Les terribles crues des Alpes Maritimes ont dévasté le 2 octobre 2020 plusieurs villages du haut-pays niçois dont celui de Breil-sur-Roya. Peu auront envie de jouer et danser après ce sinistre événement. A moins de vouloir défier le mauvais sort.

Clarin – Séance 2 – 14 XII 19

Atelier hautbois – musiques trad. Conservatoire de St-Gaudens

Séance 2 – 14 décembre 2019

Sommaire :

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L’anche est l’élément essentiel du hautbois. Il faut en prendre soin et avant tout l’ajuster. Il est possible de serrer le plat de la ligature d’une anche toute neuve trop ouverte ou la desserrer pour la rendre plus facile à jouer. De même le grattage très léger permet l’accordage. Le son en est changé.
Le nettoyage est aussi très utile parfois.

Explications techniques en images.


Poursuite de l’apprentissage de la Valse aragonaise avec une 2e voix à écouter ci-dessous.


Nouveau morceau :

Rondo : Sus la nòsta trilha.


2e voix du rondo: Sus la nòsta trilha.


Complément

Petite approche (rapide) théorique pour la partie 2 du rondo.
  • Gamme de LA mineur : pas d’altération. –> Savoir jouer le FA bécarre.
  • (+ Gamme de SOL majeur : un # dièse à la clé. Les demi-tons.)

Retour sur la séance 1.

Accès séance 3.


 

Arin-Arin

Le Arin-arin suit toujours un Fandango. Le Arin-Arin que nous jouons à Tradivarium : tablature sur le site d’Arpalhands.
Et une 2e voix également sur Arpalhands.

Danse en couples, l’origine basque en serait en Bizkaia aux 17-18e siècles. Tous les instruments pouvaient accompagner ces danses, tambourins, txistu, alboka, trikitixa.

« Arin » signifie léger en basque. La danse est sautillante et s’exécute sur la pointe des pieds.

Fandango

Fandango

Fandango, peinture par Pierre Chasselat (1753-1814). Wikipedia

Le Fandango est une danse basque espagnole traditionnelle du XVIIe d’origine incertaine, en 6/8 d’abord, puis en 3/4 jouée allegretto, accompagnée à la guitare et aux castagnettes, parfois rythmée par des couplets chantés improvisés. Il peut être vu comme une variante du flamenco et n’est pas sans lien avec la jota.
Les malagueña, rondeña, granadina, murciana, asturiana sont encore des variations locales, apparentées à la séguédille castillane et au boléro.

Tablature sur le site d’Arpalhands.

Ci-dessous une variante en vidéo.

De cette danse populaire, d’origine peut-être africaine, peut-être sud-américaine, nombre de compositeurs de musique dite classique se sont emparés, tels Mozart, Rimski-Korsakov, Ravel, et pour l’Espagne, Albeniz et Granados entre autres, sans oublier le padre Soler, compositeur probable de cette très célèbre pièce du milieu du XVIIe siècle (audio ci-après).

Antonio Soler, Fandango en mineur, pour clavecin, R. 146

Stage percussions ibériques avec COETUS

CoetusUne super journée avec trois membres de l’orchestre de percussions ibériques COETUS,  Rusó Sala, Aleix Tobias, Mario Mas qui animaient respectivement les stages de chant, percussions ibériques et guitare flamenca.
Les ateliers se sont déroulés le dimanche 1er décembre suite à leur concert donné la veille à Colomiers. (Voir la plaquette avec leur présentation sur le site d’Arpalhands.)

Aleix Tobias

Aleix Tobias

En stage de percussions ibériques, nous avons pu expérimenter les pandero cuadrado de Peñaparda (tambourins carrés de Peñaparda), sartenes (poêles), almirez (mortiers) et vieiras (coquilles st-jacques), tous instruments de musique traditionnelle pratiqués dans l’orchestre Coetus. Ce fut une journée chargée, bien studieuse (et joyeuse) où nous nous sommes penchés sur la complexe science du rythme !
Les stagiaires d’Aleix Tobias se souviendront longtemps des To To GA Ti Ti GA To !

On pourra écouter dans les trois enregistrements audio ci-dessous quelques minutes des restitutions de la fin d’après-midi avec l’ensemble des trois groupes de stagiaires et leurs mentors (qui guident de la voix) :

En vidéo cette fois, une des restitutions de la journée par les stagiaires chants et guitare. On notera au passage la présence amicale de Lolita Delmonteil à l’accordéon diatonique, et un curieux instrument à cordes frottées, le nyckelharpa (ou violon à clefs) suédois.

Le dernier morceau du stage, « Sape Que Sape », interprété par COETUS dans son dernier disque :

Une leçon de rythmique : Carmen Amaya

Carmen Amaya

Carmen Amaya y su troupe por Bulerias – 1961

Carmen Amaya. Patrimoine de l’humanité. Un flamenco époustouflant. On ne s’étonne pas qu’Amaya soit une référence pour Israël Galvan. Un commentaire sur youtube : « il n’y a personne qui fasse aujourd’hui des bulerias à cette vitesse et avec cette précision, avec autant de fureur, un volcan qui explose puis retourne au centre de la terre et s’endort… »
La buleria est un style de danse flamenca de la région de Jerez de la Frontera, de rythme vif accompagné de palmas, se prêtant bien au jaleo.

Pour tout savoir sur cette rythmique particulière, consultez l’article wikipedia.
On applaudit à tout rompre.