Pour jouer le Do# au lieu de la main gauche bouchant les 3 trous (Do bécarre), on bouche les 2 premiers trous en haut, et seulement le 1er de la main droite.
A noter que, comme on l’a vu précédemment, l’annulaire de la main droite vient boucher le dernier trou du clari pour le soutien de l’instrument.
Wilfried nous apprend un vieux nadau très populaire en Béarn et plus généralement en Occitanie : Sonatz campanetas,Sonnez petites cloches.
Avec d’autres chants de Noël il a fait l’objet d’un collectage du centre de documentationdu Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles(COMDT) publié en 2021, que le centre détaille sur son site comme un « enregistrement de chants en gascon et d’airs interprétés à la flûte à trois trous et au tambour à cordes dans le cadre d’une messe de minuit [à Sauvagnon, 64]. Les chants sont interprétés par un ensemble vocal féminin. »
Au clari la seule difficulté consiste à jouer le DO #.
En musique :
Et en notes :
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En illustration, nous retrouvons Wilfried avec Les Amis Chanteurs de Luchon. (enregistrement 26 janvier 2023 et paroles ci-dessous). Ici on prononce campanetès.
Paroles :
Sonatz campanetes : (Version luchonnaise)
Sonatz campanetes, trindatz carilhons
Sonatz es aubetes,
cantatz angelons !
A Nadau en ua tuta sauvatge
A Bethléem a miejanet
Eth Hilh de Dieu s’ei hèit mainatge
Dab era palha per son lheit.
Eths anges a tota volada
Ath barri de cada pastor
Que les canten aquera aubada :
Vos ei neishut un Sauvador !
Cada an cantaires de Banheres
Ta Nadau mos hen un plaser
De vénguer cantar ‘ra misseta
Mossur eth curè qu’ei bien content !
Et en bonus, voici un enregistrement émouvant de Joan-Miqueù Espinasse, faisant revivre l’interprétation d’une grande dame de la transmission des chants béarnais, Marie Archidec, ici accompagnée virtuellement à des décennies de distance par Jean Paul Saintorens à la boha.
Deux formes à distinguer dans le chant gascon, qui sont assimilables à l’authente et au plagale, formes associées à la caractérisation des différents modes utilisés en chant grégorien.
Chaque mode est lié à une note de référence – dite finale -, va par paire et peut être divisé en tessiture aigüe (authente I) et tessiture grave (plagale II).
Ce chant mélancolique traditionnel d’origine incertaine, intitulé également «Le vieux chalet», n’est pas spécialement situé dans la sphère occitane. Il viendrait même de l’Ain ou de Haute-Savoie suivant le site de collectage rADdo, base de documentation ethnographique. Autant dire le bout du monde pour nous gascons.
Une partition en est donnée sur le site des musiques traditionnelles de France AEPEM.
Il existe un grand nombre de variantes de ce chant mais toujours il est question du berger qui souhaite consoler la jeune fille qu’il entend pleurer dans la montagne, laquelle suivant les ajouts de couplets, le rejette. Une revue s’est livré à une comparaison de plusieurs versions, des marches de la Wallonie jusqu’aux confins du Quercy. (Cf. catalogue de la BNF).
L’histoire pourrait bien renvoyer aux héros de Jean-Jacques Rousseau dans « Julie, ou la Nouvelle Héloise » (1761), ou à un fond de tradition bien plus ancien.
Retrouvez ces enregistrements ici sur la chaîne libre de makertube : https://makertube.net/c/mustrad/videos
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Ci-dessous version chantée par les Gauselles. Canta se gausas.
Paroles: Là-haut sur la montagne, J’entends quelqu’un pleurer. Semble la voix de ma maîtresse : Oh! oui, j’irai la consoler. (bis) Qu’avez-vous donc la belle, Qu’avez-vous à pleurer ? Si je pleure c’est de tendresse, Et du regret d’avoir trop aimé. (bis) Aimer n’est pas un crime, Dieu ne le défend pas. Faudrait avoir le cœur bien rude, Belle si vous ne m’aimiez pas. (bis) Les moutons dans la plaine Sont en danger du loup Et vous et moi jolie bergère, Nous sommes en danger de l’amour.(bis) Les moutons vivent d’herbe, Les papillons de fleurs, Et vous et moi jolie bergère, Nous ne vivons que de langueur. (bis) Si j’étais hirondelle, Que je puisse voler, Sur le blanc sein de ma maîtresse, Oh ! oui, j’irai me reposer. (bis) Mon sein n’est pas un arbre Pour vous y reposer, Choisissez-vous une autre branche Qui puisse mieux vous supporter. (bis)
Composition du diatoniste Cyrille Brotto, on découvre cette scottish sous une forme multi-instrumentale avec Le bal Brotto-Lopez et les Ogres de Barbak (album « Quercy-Pontoise », 2018).
En Harmonia
En complètement inattendue, Luquejada fait partie de l’album réalisé pour les 15 années du duo Guillaume Lopez – Cyrille Brotto avec l’orchestre de l’Harmonie de Tournefeuille (20 octobre 2017). Au programme: Hip-hop, jazz et suites de standards du duo.
A l’origine c’est une danse de salon, sans rapport avec l’Ecosse, qui se retrouve dans de nombreuses régions. Elle est aujourd’hui une danse de bal des plus prisées qui se danse en couple.
cf. wikipedia pour les pas :
mes. 1 : un pas de polka du pied gauche pour l’homme (du pied droit pour la femme)
mes. 2 : un pas de polka du pied droit pour l’homme (du pied gauche pour la femme)
Quin te va l’aulhada, aulher ? (Comment va ton troupeau, berger ?) en Sol est un branle d’Ossau. Comme tout ces branles béarnais l’air est répétitif et lancinant.
Les deux branles Quan io eri hilha a marider et Quin te va l’aulhada se jouent l’un à la suite de l’autre, produisant un très joli passage de Do mineur à Sol comme on l’entend dans la vidéo en bas de page.
Illustration sonore par Canicula
Disque « Cantas & Danças de Gasconha » Coproduction Menestrèrs Gascons & Ventadorn, 1983. Les instruments utilisés ne sont pas tous du domaine gascon, mélange que revendiquent les musiciens.
– Jean Baudoin : bohas, flaüta e tamborin, flaüta de sheis traucs, pifre, guitarra, sonsaina, votz e trucalhas.
– Jacques Baudoin : vriulons, sonsaina, caremèra, votz e trucalhas.
– Joan Francés Tisnèr : acordeons, clarin, votz e trucalhas.
Quin te va l’aulhada, aulhèr, Quin te va l’aulhada Plan que’m va l’aulhada augan L’an qui vien dilhèu pas tan (Comment va ton troupeau berger, /comment va ton troupeau (de brebis), / Il va bien mon troupeau cette année. /L’année prochaine peut-être pas aussi bien)
An passat capsus Bagès, la tèrra desirada Lo matin son a l’omprèr Lo vrèspe a la solana
(Les bêtes sont passées au-dessus de Bagès * / l’herbe convoitée / Le matin elles sont côté ombre /L’après-midi à la soulane.)
‘Lavetz que hètz vos aulhèrs? Dromim dens la cabana Pensam a har lo miussat Lèu après la lhevada
(Alors que faites-vous bergers, / Nous dormons dans la cabane / Nous pensons à faire le laitage de pain émietté /Vite après le lever.)
Puish quan èm arregolats Batem la calhada De çò qui èm drin fatigats Drin luenh qu’ei l’aigueta
(Puis lorsque nous sommes rassasiés / Nous battons le caillé /De cela nous sommes un peu fatigués /Un peu loin se trouve l’eau.)
Cèrtas, n’èm pas tròp talats Sovent bevem leitòta Çò qui’ns da plan de chagrin Las crabas que mancavan
(Certes, nous ne nous plaignons pas / Nous buvons souvent du petit lait / Ce qui nous fait bien peine /Les chèvres en maquaient.)
En passant a l’arrèr plan S’i son esvarjadas Los carboèrs de Lavedan Las i an espleitadas.
(En passant sur le revers du plateau / Elles s’y sont effrayées / Les charbonniers de Lavedan / En ont tiré profit.)
Le mi bémol se joue en utilisant l’index et l’annulaire de la main gauche. Cependant pour assurer éventuellement sa justesse, on pourra placer aussi le majeur de la main droite comme sur la photo.
Exemple
Le mib se trouve à la clef dans les airs en Do mineur (do, ré, mib, fa, sol, lab, sib), comme par exemple dans le branle « Quan io eri hilha a marider ».