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APPRENTISSAGE DU CLARIN ET DE L’ABOÈS, SOUS LA DIRECTION DE PIERRE ROUCH
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Département des musiques traditionnelles du conservatoire Guy-Laffitte de St-Gaudens (31)
Les branlous sont différents des branles dansés en Béarn. Originaires de la Montagne Noire ils ont essaimés en Occitanie, en Auvergne, et plus haut encore.
Il sont traditionnellement joués à la bodega, la plus grosse des cornemuses occitanes, et au graile, qui est le hautbois languedocien des Monts de Lacaune.
Les deux branlous ici sont du Tarn.
Le premier est en Ré mineur (un Si b à la clef= ré, mi, fa, sol, la, si♭, do, ré.)
Le second en Sol majeur (un Fa # à la clef = sol, la, si, do, ré, mi, fa♯, sol) est un tròta topin (trotte pot) qui se danse en farandole.
Un pasodoble au clari de Bigorre ? Si, c’est possible. Après tout il ne s’agit que de passer la crête des Pyrénées pour cette musique ibérique, très tôt francisée dans le Sud-Ouest.
Si le pasodoble a eu peut-être pour naissance lointaine, au XVIIIe s., l’entrée martiale des toreros dans l’arène, et s’il est toujours une musique liée à la corrida, il est néanmoins devenu rapidement une danse de salon. Hors ce contexte, il reste une musique populaire festive sur son rythme binaire d’origine.
« Ella se casa », Elle se marie, au clari. (Histoire d’une femme qui quitte son mari et il est malheureux.) 2 voix.
1ère voix :
2e voix :
Bonne tablée et joyeuse humeur pour fêter la sortie de confinement en musique en octobre 2020. Ici avec une sympathique bande de bouilleurs de sons et trois clari pour faire bonne mesure.
Exercice du jour : chanter au « Tralala » le Branlo airejant !
Entendu lors des veillées, le « chant au Tralala » est un chant sans paroles qu’on pratique dans plusieurs régions, entre autres l’Auvergne, le Limousin, les Pyrénées (où il était bien plus courant de l’entendre que d’entendre jouer du hautbois).
Qu’ils le débutent avant le chant lui-même, ou bien qu’ils le reprennent à sa suite ou encore qu’ils l’insèrent à différents moments du chant, le ou les chanteurs adoptent des intonations variées lors des tours successifs, ce qui vient soutenir la danse et la relancer.
…afin d’accompagner et de mieux traduire le mouvement de la danse. (« Musiques et danses traditionnelles en Couserans ». cf. Malette pédagogique « Musiques et danses traditionnelles en Couserans ». (Edition COMDT Toulouse Occitanie, IA 31, DRAC.)
Le Tralala est créé sur des onomatopées, quelques syllabes ou des allitérations et parfois il imitera des instruments. Il produit des effets multiples :
Ces onomatopées sont mélangées aux paroles et on y entend les voyelles du texte, alors que les consonnes (uniquement des « t », « d » et « l ») assurent la plus petite découpe rythmique possible. Le chanteur passe du tralala aux paroles et des paroles au tralala sans complexe, à son bon gré, de façon à donner à la danse de la spontanéité et de la surprise. (AMTA)
En voici deux exemples chantés en Couserans sur l’air connu Eths caulets quan son geladis, extraits de la Malette pédagogique « Musiques et danses traditionnelles en Couserans ». On remarque, à la suite du Tralala (n°1), l’introduction de l’air au clari.
1. Tralala Eths caulets par Prosper Mahenc
2. Tralala Eths caulets par Alain Servant
D’autres exemples en Puy-de-Dôme (3) et Cantal (4).
Afin d’obtenir une note plus basse d’un demi-ton, utile dans bien des airs, un trou peut être ajouté au tube de l’instrument. Mais une clef est nécessaire pour l’atteindre.
Ainsi pour le clari en sol, la clef ajoute le FA# (grave). Pour le hautbois en ré, la clef ajoute le DO# (grave).
Par un effet de levier cet accessoire bouche le trou. Pratique, la clef-papillon (ici sur l’aboès) permet d’accéder à la note, qu’on soit droitier ou gaucher.
Une bourrée à 3 temps très entraînante au nom à consonance flamande… (poussière dans le pot ?) qui se danse en couple.
Suivant diverses sources, les bourrées d’Ariège à deux temps viendraient de ces vieilles danses à 2 ou 3 temps qu’on retrouvent dans le centre de la France (Auvergne, Limousin, Berry, Bourbonnais), ou importées. cf. Go-to-the-Futur. Cette bourrée belge (?) s’adapterait donc à une des plus vieilles formes de danse ariégeoise.
A découvrir avec Pierre Rouch au son de son clari hexagonal qui, comme on l’entend, n’a pas de poussière dans le tuyau. (A-A – B-B)
La célèbre ronde La Pometa est bien une bourrée ariégeoise à trois temps. A écouter ici, lors du Grand bal trad « Comminges-Couserans » organisé par Arpalhands avec les trios « Eth Chòt », « Toti Très » et « Bouilleurs de sons ».
Le site de l’AMTA consacré à la bourrée (intéressant mais non mis à jour): https://la-bourrée.fr/ (un reflet de l’extraordinaire variété de ses pratiques)
La bourrée « Deus tin pot » est l’occasion de découvrir un doigté particulier :
Au clari le Sol# grave est réalisé en bouchant le trou supplémentaire avec le petit doigt tout en laissant ouvert le 6e trou.
A noter que le Sol # aigu se fera de la même façon mais en libérant le trou d’octave à l’arrière du tube.
Au hautbois le Mib grave est produit de façon identique, tout comme le Mib aigu.
Cet air sautillant est en deux voix, chacune en 2 phrases.
On en trouve l’audio dans le chapitre 6 de la « méthode de Hautbois du Couserans » de Sergi Llena Mur et Pierre Rouch.
Vidéo enregistrée lors de l’atelier, avec la 2e voix à 0:50 sec.
Trois Traversées du Couserans que jouait le Clitchou (Eth Clitcho)
Le Couserans, ce territoire gascon en pays montagnard au centre des Pyrénées, abrite une grande richesse de musiques et danses traditionnelles.
Outre la Castanha et la Remenilha, la Traversada fait partie de ces formes de danses particulières ariégeoises.
Généralement pratiquée dans le castillonnais, [La Traversée] se dansait à 4 : 2 hommes, 2 femmes. Cette danse a été notée pour la première fois par Jean Poueigh après la Première guerre mondiale. Il s’agit peut-être d’une adaptation d’une version de contredanse. On y retrouve le pas sauté qui est également celui des bourrées.
On note également que les danseurs rythmaient certaines Traversées avec les temps 2 et 4 des mélodies:
Parfois des danseurs pouvaient frapper des mains en accélérant le tempo s’ils trouvaient que le musicien ou le chanteur allait trop lentement.
Information tirée de la pochette pour l’apprentissage extraite de la Malette pédagogique « Musiques et danses traditionnelles en Couserans ». Edition COMDT Toulouse Occitanie, IA 31, DRAC.
Les 3 traversées se jouent à la suite, telles que Joseph Cau, dit Eth Clitcho, paysan de la vallée de Bethmale et musicien du groupe Les Bethmalais (également clarinettiste), les jouait au hautbois dès les premières années du XXe siècle lors des nombreuses fêtes du pays ou en tournées.
Le groupe des Bethmalais à Toulouse en 1924 entouré de couserannais. Eth Clitcho est à droite avec sa clarinette. Photo /site bethmalais.com
Pierre Rouch nous les apprend toutes trois.
La première traversée d’abord ici :
Et les trois ensemble :
Pour se rendre compte des pas sautés, voici une traversée dansée par le groupe les Biroussans en 2012 : La Pelagourdine.