Auteur/autrice : GeP (page 7 of 20)

Eth aboès : présentation du hautbois du Couserans

Alphonse Sentein, instituteur, fondateur en 1921 de l’association « groupe folklorique biroussan ».

Un des symboles de la culture musicale traditionnelle ariégeoise est l’aboès du Couserans, un hautbois provenant du castillonnais.

Hautbois du Couserans fabriqué par Pierre Rouch

L’instrument plonge ses origines lointaines au moyen-âge à l’époque des chalémies et bombardes (voir les illustrations). Cependant, s’il a disparu en l’état du sol national au fil du temps,  il a pu résister dans les vallées de ce pays de montagne. Le hautbois « moderne » quant à lui est issu d’une évolution du hautbois traditionnel à partir du XVIIe s.

En trois parties, le haut permettant de fixer l’anche double, avec 6 perces devant et un trou d’octave à l’arrière, le hautbois est originellement en tonalité de Do#. Le hautbois « moderne » en Ré comporte une clef qui permet d’accéder à ce Do# – sous-tonique.

Pigalha

François Souque dit Pigalha. (1873-1936), célèbre joueur de hautbois.

Sur ce hautbois (photo de gauche) fabriqué par Pierre Rouch d’après un modèle de Pigalha, la perce de cette note est non clétée comme sur les vieux hautbois traditionnels retrouvés. En effet les joueurs avaient perdu et l’usage de cette clef et la technique pour la réaliser. Pour autant elle se trouve bien dans le hautbois baroque.

 

 

 

 

 


Hautbois Renaissance (chalémie), hautbois baroque, hautbois classique début XIXe siècle, hautbois viennois début XXe siècle, hautbois viennois fin XXe siècle et hautbois moderne

Hautbois Renaissance (chalémie), hautbois baroque (avec sa clef), hautbois classique début XIXe siècle, hautbois viennois début XXe siècle, hautbois viennois fin XXe siècle et hautbois moderne.

Un joueur du XVIIe s.

Un joueur du XVIIe s.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


D’autres tonalités sont possibles comme l’explique Pierre Rouch. Notamment un aboès en Do du type de la « Tarota » catalane mais sans clefs. (voir la vidéo au bas de cet article).

L’aboès s’invite à toutes les fêtes folkloriques de ce territoire ariégeois et s’exporte bien au-delà.
Au début du XXe s., comme Pigalha, Eth Clitcho, du même groupe « Les Bethmalais », en était un joueur très connu. Nous étudions les Trois Traversées du Couserans qu’il jouait notamment.
Le groupe Les Biroussans à St-Girons en poursuit la tradition.

Comme le clarin, Pierre Rouch  fabrique aussi cet instrument et l’enseigne à l’école de musique de St-Girons et au conservatoire de musique Guy-Laffite de St-Gaudens.

Cliquez sur les images pour les afficher en grand.

Aire de jeu de l'aboès.

Aire de jeu de l’aboès. Carte tirée du dépliant CD 09. cf. wixsite des biroussans.

 

Lo parpalhon (clari)

Lo Parpalhon (le papillon) est une bourrée à trois temps, indiquée d’Auvergne (ou peut-être de Limousin).

Un « classique » très entraînant à retrouver aussi à l’accordéon. On peut voir ici comment danser la  bourrée à trois temps.


Ci-dessous dans une version à la vielle à roue par Tusta Barta (Aveyron, 2008).

 

Créer des variations au clari

Deux petites variations pour créer une dynamique dans le jeu afin d’enrichir les mélodies.
Mais sans en abuser ou en faire à toutes les phrases.

  • Le coup de doigt :

  • La coupure de note :

 

En avant blonde (clari)

« En avant blonde » est une valse québécoise bien connue jouée souvent par les diatonistes. Elle a notamment été gravée dans un vinyle d’anthologie avec Marc Peronne à l’accordéon (voir l’article En avant blonde (valse) ou Gabriel valse). La voici au clari ! interprétée par Pierre Rouch pour l’atelier des musique trad. de St-Gaudens. Assez inédite avec cet instrument traditionnel! 

Atelier du 23 avril 2022.

En poursuivant dans la veine de l’inédit, on écoute ici voix et accompagnement de flûtes traversières dans cet enregistrement de l’ensemble allemand Flötenspektakel dans leur CD « Momentaufnahmen ».

Capture En avant blonde Flûtes

En avant blonde Flûtes traversières

El ball del Rogle (clarin)

Pour cette séance de l’atelier de musique traditionnelle du conservatoire (26 mars 22), Pierre Rouch nous propose le morceau catalan El Ball del Rogle. Un air  joyeux et tonitruant avec sa première partie quasiment « en trompette ».

Le Ball del Rogle est habituellement enchaîné après l’air du Couserans Ara montanha comme on l’entend ci-dessous.


Un peu d’histoire

Le Rogle fait partie de la jota catalane (de Terres de l’Ebre), une sorte de fandango très ancien (XIIe s.)  qui compte plusieurs variantes: parella, tres, sis, canut, et le rogle. Ajoutons qu’on dénombre au moins deux autres formes de jota: la majorquine et la valencienne.

Dans le Ball del Rogle les danseurs entrent peu à peu dans la danse, choisis au fur et à mesure par leurs pairs à chaque reprise de phrase musicale.
La vidéo ci-après tournée en mai 2013 présente les élèves de l’Escola Amistat/Comunitat d’Aprenentatg de Figueres en Catalogne. Notez le jeu spécifique des pieds. Il y a aussi un petit côté ‘musique circassienne’ dans cette ronde entraînante, même si les castagnettes sont le plus souvent à l’honneur.



Le morceau se retrouve dans le recueil Eth clarin de Bigòrra de Pierre Rouch et Sergi Llena Mur (N° 6, Répertoire 3).

Ara montanha en Piémont… italien !

Souvenons-nous que l’Occitanie ne s’arrête pas à notre piémont Pyrénéen ni au territoire de la France métropolitaine. Elle déborde en effet en Italie, dans les Valadas occitanas où l’on parle le dialecte vivaro-alpin  et beaucoup plus au Sud, en Calabre, où nos cousins de La Gàrdia se rappellent à nous.

Guardia Piemontese est une commune italienne de 1 558 habitants située dans la province de Cosenza [qui] a la particularité d’être une île linguistique occitane du sud de l’Italie. Fondée au XIIème siècle par des réfugiés vaudois de Bobbio Pellice dans le Piémont…/. (source : https://www.comune.guardiapiemontese.cs.it/?page_id=271)

Depuis des siècles ils parlent donc en lenga nosta (https://www.comune.guardiapiemontese.cs.it/?page_id=166&lang=en) et pratiquent forcément les chants d’Occitanie. Ici Ara montanha, chanté par deux jeunes femmes portant la coiffe et le dournë, riche costume traditionnel de mariage.
Arianna Roselli (chant) – Rosalinda Roselli (chant et vielle à roue).


Consulter la page sur l’apprentissage d’Ara montanha au clari.

La musique malgré la guerre

Plus forte que le bruit des bombes, la musique peut sembler un moyen dérisoire de lutte contre la guerre mais pourtant elle est un symbole d’une puissance immense. La résistance de l’âme face à la force physique. Quels courageux artistes dont l’instrument est la seule arme.

Odessa Opéra Chaîne Ytube Nouvelles rapides 247

Odessa Opéra Chaîne Ytube Nouvelles rapides 247

Ce 12 mars 2022, dans leur pays en guerre et dans leur ville assiégée,  les chanteurs et musiciens de l’orchestre ont entonné devant leur opéra l’hymne national ukrainien suivi du magnifique « Va, pensiero, sull’ali dorate », le chœur des esclaves dans Nabucco de Verdi.

[su_lightbox src= »https://ladigitale.dev/digiplay/#/v/622dd74cec547″]Cliquez ici pour ouvrir la visionneuse[/su_lightbox] ou sur l’image de la vidéo ci-dessous.

Vidéo Nouvelles rapides 247

Vidéo Nouvelles rapides 247

 

 

Cercle circassien (suite de l’air gallois) au clari

Séance de janvier 2022, ce cercle circassien fait suite à l’air gallois appris en 2020 (à consulter sur sa page). Comme indiqué sur à propos de la pièce Entre-deux de Rémi Geffroy, le cercle circassien « se danse dans un grand cercle. Mais à l’origine il débutait par plusieurs petits cercles à quatre (dit : cercles siciliens) avant de s’agrandir. Danse traditionnelle tardive, apparue seulement au XIXe s, elle nous vient d’Ecosse et se basait sur un air de reel, avant de l’être sur l’air de jig qu’on pratique aujourd’hui. »

Attention à la structure : AA – BA

Pour ce morceau, la recherche d’illustrations est en cours, en Bretagne et en … Ecosse.

 

Auriculaire et Fa # (clari)

Le clari possède 8 trous, dont 1… pas aligné. Qu’ei horadat sus eth dessús de 6 traucs de jòc alinhats e un laterau de cap ath baish e ath darrèr d’un trauc d’octava superiora.  (cf. Bouilleurdesons, Pierre Rouch) ¹ Ce « trauc laterau de cap ath baish e ath darrèr » c’est la perce du Fa #. Pas aligné, et pas à égale distance du dernier, il sera bien placé pour le petit doigt, ou pas… Pour certains joueurs en effet il sera trop loin et ils auront du mal à positionner leur auriculaire trop court !

La solution sera alors le clétage, une rallonge mécanique, une prothèse de jeu (comme pour les clarinettes, hautbois et autres). Le principe est le même qu’avec le doigt : boucher l’orifice pour allonger la colonne d’air et baisser la note d’un demi ton. Du Sol on passe ainsi au Fa #, note la plus grave du petit hautbois de Bigorre.

[su_quote cite= »wikipedia » url= »https://fr.wikipedia.org/wiki/Cl%C3%A9_(organologie) »]En organologie, une clé est un dispositif mécanique permettant d’ouvrir ou de fermer les trous d’un instrument à vent qui sont hors d’atteinte des doigts. [/su_quote]

¹ Note: Il est percé sur le dessus de 6 trous de jeu alignés et un latéral vers le bas; et à l’arrière d’un trou d’octave supérieure.

Illustration sonore en action ci-dessous, sans la clef, inutile pour un auriculaire à la bonne taille comme on voit :


 

La perdigueta, Atelier clarin déc. 2021

Chanson et musique traditionnelle catalane, La Perdigueta, intitulée aussi La Perdiueta (la petite perdrix), est typique des Pyrénées.

A apprendre pour la rentrée 2022. Cette fois, présence du Fa# aigu, pour lequel seul le trou de dessous est bouché. Le pouce et le petit doigt de la main gauche retiennent l’instrument.
Audio à retrouver dans la Metòda d’aboès deths Pirenèus, Eth clarin de Bigòrra, répertoire 5, n°12. (Sergi Llena Mur et Pierre Rouch. Bàlagium editors, 2017.)

 


Dans la vidéo ci-après, la chanson est interprétée par le groupe El Pont D’Arcalis, dans son album Del Piemont als Pirineus, et les paroles sont affichées en sur-impression. On les retrouve sur le site viasona: cançons del Pireneu.

Depuis 1991, El Pont d’Arcalis a pour objectif de diffuser la musique et les chants de la tradition orale des Pyrénées issus du collectage dans les vallées. Son répertoire, arrangé par ses fondateurs, les ethnomusicologues et musiciens Jordi Fabregas et Artur Blasco, est celui « principalement de musique de danse interprétée par des violonistes et des joueurs d’orgue des zones rurales pyrénéennes, en plus des nombreux chants traditionnels patiemment recueillis dans plus de cent cinquante villages. » (source : https://www.cultura.trentino.it/Appuntamenti/El-Pont-D-Arcalis)