Par delà les siècles ce très vieil air du Moyen-âge (XIIIe s.) initialement peut-être de Provence et plus tard du centre de la France est arrivé jusqu’à l’époque moderne sous la forme de la célèbre comptine occitane « Ai vist lo lop, lo rainard, la lèbreAi vist lo lop, lo rainard dansar » (à 2 temps). Le lièvre devenant aussi la belette.
Mais c’est une bourrée à trois temps que l’on danse habituellement.
On jouera la phrase A au Clari.
Et à l’aboès la voix basse à la phrase A (et la mélodie sur la B) :
Ce Loup a donné lieu à maintes variations; de la forme traditionnelle comme par exemple dans les balètis du duo Brotto-Lopez, ou exploration musicale sans frontière comme ,avec l’ensemble Mosaïca (où l’on reconnaîtra Pierre Rouch): Ai vist lo lop / Taqtouqa.
Vieille danse limousine du XV-XVIe s., la danse du rat a été composée… pour chasser les rats qui infestaient les greniers à grains!
Video par Wilfried. (et partition à plusieurs vois en bas d’article.)
Elle est « représentati(ve) d’une expression populaire fortement marquée, ne serait-ce que dans les titres qui traduisent des relations avec la nature et les animaux (branle de Gouloux, branle de la chèvre, saut du loup, branle du rat, du jairs)… » (cf. site MADOHEJ, orchestre trad bressois qui explore les musiques régionales – et plus loin aussi.)
Les branles sont traditionnelles dès la Renaissance des danses en chaîne. Avant d’être populaires, elles étaient des danses de la bonne société et figuraient même dans les bals à la cour de Louis XIV. Typiquement c’était une danse en cortège de couples ouverts telle qu’on en a une illustration dans le film Pride & Prejudice de Joe Wright (2005) adaptation du roman éponyme de Jane Austen (1813). Au bal de Netherfield la musique de la danse est une réécriture d’airs de Purcell (XVIIe s.).
Le nom vient de l’alternance des pas à droite et à gauche (branler = faire des mouvements d’oscillation, cf CNRTL). Les rondeaux de Gascogne, l’andro et l’hanter dro de Bretagne sont des branles. En démarrant, les danseurs sont face à face, et font 3 petits pas latéraux d’un côté puis 3 de l’autre, bras croisés derrière le dos; puis les couples en vis-à-vis échangent leurs places sur 4 temps en les rythmant fortement de leurs sabots.
Pour jouer le Do# au lieu de la main gauche bouchant les 3 trous (Do bécarre), on bouche les 2 premiers trous en haut, et seulement le 1er de la main droite.
A noter que, comme on l’a vu précédemment, l’annulaire de la main droite vient boucher le dernier trou du clari pour le soutien de l’instrument.
Wilfried nous apprend un vieux nadau très populaire en Béarn et plus généralement en Occitanie : Sonatz campanetas,Sonnez petites cloches.
Avec d’autres chants de Noël il a fait l’objet d’un collectage du centre de documentationdu Centre Occitan des Musiques et Danses Traditionnelles(COMDT) publié en 2021, que le centre détaille sur son site comme un « enregistrement de chants en gascon et d’airs interprétés à la flûte à trois trous et au tambour à cordes dans le cadre d’une messe de minuit [à Sauvagnon, 64]. Les chants sont interprétés par un ensemble vocal féminin. »
Au clari la seule difficulté consiste à jouer le DO #.
En musique :
Et en notes :
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En illustration, nous retrouvons Wilfried avec Les Amis Chanteurs de Luchon. (enregistrement 26 janvier 2023 et paroles ci-dessous). Ici on prononce campanetès.
Paroles :
Sonatz campanetes : (Version luchonnaise)
Sonatz campanetes, trindatz carilhons
Sonatz es aubetes,
cantatz angelons !
A Nadau en ua tuta sauvatge
A Bethléem a miejanet
Eth Hilh de Dieu s’ei hèit mainatge
Dab era palha per son lheit.
Eths anges a tota volada
Ath barri de cada pastor
Que les canten aquera aubada :
Vos ei neishut un Sauvador !
Cada an cantaires de Banheres
Ta Nadau mos hen un plaser
De vénguer cantar ‘ra misseta
Mossur eth curè qu’ei bien content !
Et en bonus, voici un enregistrement émouvant de Joan-Miqueù Espinasse, faisant revivre l’interprétation d’une grande dame de la transmission des chants béarnais, Marie Archidec, ici accompagnée virtuellement à des décennies de distance par Jean Paul Saintorens à la boha.
Deux formes à distinguer dans le chant gascon, qui sont assimilables à l’authente et au plagale, formes associées à la caractérisation des différents modes utilisés en chant grégorien.
Chaque mode est lié à une note de référence – dite finale -, va par paire et peut être divisé en tessiture aigüe (authente I) et tessiture grave (plagale II).